Une monarchie non parlementaire

Commençons par une anecdote. Que dire d’un régime sous lequel un président peut entretenir aux frais du contribuable une maîtresse et sa fille naturelle. Cela me rappelle la Cour, pas vous ? Plus techniquement maintenant, il est vrai qu’une fois élu le président des français fait penser à un monarque. Il choisit ses ministres sans les soumettre à l’approbation d’une assemblée élue. Le résultat est un gouvernement de copains. Le « spoil system » en quelque sorte, dans lequel on privilégie les relations au détriment des compétences, dans lequel les fonctionnaires peuvent faire de la politique sans risque, d’où leur sur-nombre dans les instances de la « république ». Le spoil system était en vigueur aux États-Unis avant la guerre civile, a été supprimé ensuite. En France il est toujours en vigueur. Non parlementaire ? Pour que la France devienne une monarchie parlementaire l’assemblée nationale devra maîtriser son ordre du jour. Les députés ne se contenteront plus de propositions de loi qui n’ont que 5% de chances d’être soumises à un vote. Ils décideront des projets de loi sur lesquels ils voteront. Les sénateurs seront élus au suffrage universel, non pas par les « copains », et leurs votes compteront autant que ceux de l’assemblée nationale. Finalement la France peut devenir une démocratie. Qu’en pensez-vous ?    

Laissez vivre les régions ! Exemple de la Bretagne

Il est important que les régions conservent leur héritage culturel. Je suis né en Bretagne, à Quimper, c’est donc l’exemple que j’ai choisi mais l’argumentation vaut pour les catalans, provencaux, languedociens, gascons, corses et d’autres. De culture et de langue celte la Bretagne a été pendant des siècles, tant qu’elle n’était pas victime de l’appétit et des ravages causés par les rois anglais, francs et français, un pays prospère et novateur dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie et des arts (Tristan et Iseult a été le précurseur du roman d’amour.) En Bretagne, toujours selon la culture celte, le pouvoir était accordé aux ducs par la noblesse. En effet, la Bretagne a été une monarchie parlementaire des siècles avant la Magna Carta anglaise. Chez les francs et les anglo-saxons les droits – infimes bien sûr – consistaient en ce que les dictateurs condescendaient à accorder au peuple. Iann Brekilien explique dans son livre Histoire de la Bretagne que la condition féminine chez les bretons était bien meilleure qu’ailleurs. Le mari était chef de famille mais n’avait pas droit de vie ou de mort sur les membres de la famille. La femme avait des droits politiques et pouvait combattre, le divorce était admis etc … La Bretagne était également le pays des navigateurs et, bien que pacifiques car les bretons préfèraient le commerce à la guerre, de guerriers redoutables. Elle savait se défendre et est de ce fait restée longtemps indépendante, puis insoumise après même la révolution dans laquelle elle s’était engagée avant les parisiens, et dont elle a souffert immédiatement après. Et pourtant, qu’apprend t-on à l’école en Bretagne, que les victoires de Nominoë, d’Erispoë et de Salomon sur l’abominable Charles le Chauve au 9ème siècle étaient des défaites ? Pour les bretons c’était des victoires. Que la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier en 1488 était une victoire ? Pas du tout, pour les bretons c’était une défaite, celle de François II, Duc de Bretagne. Lorsqu’on apprend aux jeunes bretons que l’ignoble Colbert, cet homme pervers et corrompu, était un grand homme d’état alors qu’il a détruit l’industrie bretonne du tissage au profit de celle du Nord avec laquelle il avait des attaches, voire des intérêts – son père était marchand drapier – qu’il a vidé la Bretagne de ses richesses pour financer les extravagantes campagnes d’un roi qui se comparait au soleil comment, lorsqu’on est breton, ne pas se révolter ? Quand je pense que j’ai étudié au lycée Colbert à Lorient, j’en ai presque honte. La Bretagne était le Pérou de la France mais, au lieu de l’imiter, au lieu de prendre des leçons nos rois francs et français, pour la plupart idiots et à la vue courte, n’avaient de cesse de la dépouiller, avec violence en plus.

Au 20ème siècle encore les représentants de l’éducation républicaine tapaient sur les doigts des élèves bretons qui osaient parler leur langue natale entre eux. Il est vrai que la République s’est amendée depuis et que la Bretagne est désormais une région en expansion, je l’admet. Mais que de temps perdu. Une Bretagne plus indépendante politiquement retrouverait toute la force de sa culture, à commencer par l’enseignement obligatoire du breton. Il est bien connu que l’apprentissage d’une seconde langue dès la plus tendre enfance aide au développement de l’intelligence et ouvre l’esprit. Des études on même montré que les enfants exposés à d’autres langues que leur langue maternelle réussissent mieux dans leur vie professionelle que les autres. Bien évidemment, le baccalauréat doit comprendre des épreuves communes dans l’ensemble des académies : le français bien sûr, les mathématiques, une histoire nationale adaptée, i.e. qui tienne compte des particularismes régionaux, les sciences également. Je ne puis m’empêcher de penser cependant que si les régions avaient leur mot à dire l’enseignement des langues régionales deviendraient obligatoire, pour l’avenir des potaches, et pour leur bonheur. Quand je pense que lorsque j’était jeune je prenait la Bretagne pour une région retardée. C’est ce qui arrive lorsque l’on digère sans aucun esprit critique l’éducation républicaine – parisienne devrais-je dire ! Je me console en me disant que pour se trouver un nom la capitale s’est tournée vers la Bretagne (Par-is ne veut-il pas dire égale à Is ?) Quoi qu’il en soit, l’égalité d’un Sénat – réformé* – et de l’Assemblée Nationale libèrerait le potentiel des régions, contribuerait à un meilleur avenir pour les jeunes français et pour le pays, et à un équilibrage économique vers le haut d’autres régions toujours défavorisées.  

Le mal français

Le mal français: l’inégalité devant la fonction élective ou le parti Ignarquiste, le plus puissant de tous. Il n’a pas d’étiquette politique,  il couvre la totalité du spectre politique. Sa devise: préservons nos privilèges

L’égalité devant la fonction élective

L’égalité des chances devant la fonction élective,  n’est ce pas une des bases essentielles de la démocratie ? Comment se fait-il qu’il y ait près de 40% de députés fonctionnaires ou ayant été à l’Assemblée Nationale ? Comment se fait-il qu’on n’y trouve pratiquement pas d’employés d’entreprises, de commerçants, de professions libérales, et même d’avocats ? La réponse est simple et révoltante. Les fonctionnaires bénéficient, non seulement de congés de campagne, mais de huit ans pour réussir dans la politique, d’une période de huit ans de mise en disponibilité à l’issue de laquelle ils retrouveront leur poste s’ils échouent à l’Assemblée Nationale ou au Sénat ou à tout autre poste politique. Qu’un garagiste ou un employé de banque ose se présenter à une élection il devra d’abord démissioner, et c’est normal. S’il perd ou n’est pas réélu il devra repartir à zéro et c’est encore normal. Qu’un énarque ou autre haut fonctionnaire veuille faire de la politique c’est son droit bien sûr, mais qu’il puisse le faire sans risque est injuste et par conséquent intolérable, à mes yeux

Diversité en politique

Contrairement à l’origine des présidents américains la condition sine qua non de l’accession au poste suprême en France semble d’être, ou de devenir, parisien. Charles de Gaulle est né à Lille mais est devenu “parisien” dès l’age de onze ans. Georges Pompidou, originaire du Cantal, est devenu parisien en qualité de chargé de mission du Général de Gaulle dès la fin de la 2ème guerre mondiale. Valérie Giscard D’Estaing, né en Allemagne, est devenu parisien dès 1954 en qualité de directeur adjoint au cabinet du Président du Conseil Edgar Faure. François Mitterrand, de Jarnac en Charente, est devenu parisien sous le régime de Vichy. Jacques Chirac et Nicolas Sarkosy son nés à Paris et y ont fait toute leur carrière. Enfin François Hollande devint auditeur à la Cour des comptes à sa sortie de l’ENA en 1980. D’ailleurs, on remarque qu’en France même une carrière artistique doit être parisienne pour accéder au titre de star

La diversité en politique (Les États-Unis)

L’origine des présidents américain est diversifiée, et très régionale. Si l’on considère la période de l’après seconde guerre mondiale que voyons nous ? Dwight Eisenhower était un Texan d’origine familiale allemande du 17ème siècle devenu Washingtonien en qualité de général cinq étoiles commandant des forces alliées durant la seconde guerre mondiale. Un Washingtonien sur le tard en vérité. John Kennedy a commencé sa carrière politique dans le Massachusetts en qualité de membre de la Chambre des Représentants. Lyndon Johnson est resté un homme politique texan jusqu’à son élection en 1960 sur le ticket de John Kennedy. Richard Nixon, un avocat californien, a représenté la Californie au Congrès jusqu’à son élection sur le ticket de Dwight Eisenhower en 1952. Jimmy Carter, géorgien, basketeur étoile, diplomé de l’Académie Navale, se lance dans la culture des arachides, devient sénateur puis gouverneur de la Géorgie. N’est devenu Washingtonien qu’à son élection à la présidence des États-Unis en 1976. Ronald Reagan, né dans l’Illinois, après une maîtrise (“bachelor”) en économie et sociologie a été présentateur de radio, puis acteur, puis gouverneur de la Californie. George H. W. Bush, le père, lieutenant de la marine américaine, a été membre de la Chambre des Représentants avant de devenir Ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies, puis Directeur de la CIA avant d’être élu Vice-Président des États-Unis en 1980 sur le ticket de Ronald Reagan. William Jefferson “Bill” Clinton, avocat, est né et a été élevé dans l’Arkansas, état dont il deviendra le Procureur puis le Gouverneur jusqu’à son élection à la présidence en 1992. George W. Bush, le fils, a été élu gouverneur du Texas avant de devenir le 43ème Président des États-Unis en 2001. Enfin Barak Obama, avocat, a été successivement membre du Sénat de l’Illinois, puis Sénateur de l’Illinois avant d’être élu Président des États-Unis en 2008. On voit clairement que les américains recrutent leurs président dans les régions plutôt que dans l’”establishment” washingtonien.

Et la France dans tout ça ?

À quoi peut bien servir le Sénat ?

C’est une assemblée territoriale, ainsi je crois qu’une assemblée de sages. Quel besoin dès lors d’y admettre 348 membres ? C’est, par habitant, 15 fois plus qu’aux États-Unis. Rien qu’en indemnités les sénateurs français coûtent tout de même 30 millions d’euros au budget de l’État, pour une assemblée qui, en cas de désaccord avec l’Assemblée Nationale devra se soumettre à la volonté de cette dernière. C’est énorme ! Puisqu’il y a vingt cinq régions en France, pourquoi pas cinquante sénateurs, deux par région ? Cela représenterait une économie de plus de vingt cinq millions d’euros mais ce n’est pas le plus important. Les régions, quelque soit leur taille et économie, seraient placées sur un pied d’égalité, à condition bien sûr que les votes du Sénat ne puissent être foulés par ceux de l’Assemblée Nationale sur une même loi, ou par le président

Une république de copains ?

Le président nomme les ministres sans soumettre ses choix à une assemblée élue. La conséquence est un gouvernement dont les membres sont sélectionnés parmi les copains, généralement énarques, sans considération des compétences.  Les copains n’ont généralement jamais eu un emploi dans le secteur privé. Aux États-Unis ils appellent ça le « spoil system »; et l’ont abandonné aussitôt après la guerre civile